17/02/2017

Tutoriel : Photographier la lumière cendrée et le croissant de Lune


Cette photo montre un croissant de Lune (partie lumineuse). L'autre partie dans l'ombre est visible grâce à la lumière cendrée, un phénomène entièrement naturel. Il est donc possible d'observer le disque lunaire complet à l’œil nu mais il est d'autant plus spectaculaire en procédant à une photographie longue pose
Je vous explique toute dans cet article ! 

★Qu'est-ce que la lumière cendrée ? ★


Entre la nouvelle lune et le premier quartier (ou entre le dernier quartier et la nouvelle lune), il est possible d'apercevoir l'intégralité du disque lunaire alors même qu'une seule portion de la lune ne soit éclairée. C'est l'effet que produit la lumière cendrée.

Cette partie visible mais située dans l'ombre de la Lune est en réalité le reflet du Soleil sur la Terre. En effet, la Terre est cratérisée par un taux de réflexion de la lumière assez élevé permettant ainsi de projeter la lumière solaire vers l'espace, et en particulier vers la Lune. On peut remercier la présence dominante des océans qui favorise ce phénomène de réflexion.

Ce n'est pas pour rien que ce phénomène s'appelle "Earthshine" en anglais (littéralement le "clair de terre" ).

★ Méthode utilisée pour cette photo : le HDR ★

Bien sûr, pour photographier un croissant de lune, on utilise des temps de pose assez courts car la quantité de lumière est suffisante. En revanche pour mettre en évidence la partie dans l'ombre, il faut avoir recours à une exposition un peu plus longue.
Néanmoins, on se doute bien que dans un cas (courte pose), on aura un joli croissant de lune sans avoir le disque complet de la lune, et dans l'autre cas (longue pose), la partie dans l'ombre sera visible au détriment d'un croissant totalement cramé par la lumière.

Alors, comment obtenir les deux parties de la lune avec une exposition similaire ? 
Réponse : la méthode HDR

Cette méthode est très simple, et consiste à prendre (au moins) deux photos consécutives d'expositions différentes et de les empiler avec un logiciel HDR.

La prise de vue


  • Une première photo avec les réglages de base pour photographier le croissant de Lune (partie éclairée)
Télescope F/4 de 800 mm de focale, 1/250 secs, ISO 400
  • Une seconde photo identique mais en allongeant le temps de pose et/ou la sensibilité ISO pour photographier la partie non éclairée de la Lune

Télescope F/4 de 800 mm de focale, 0.8 secs, ISO 400

    Note : Bien entendu, le temps de pose maximal dépendra de la focale de votre téléobjectif ou télescope et aussi de votre suivi (si vous utilisez une monture astronomique motorisée, le temps de pose maximal peut atteindre plusieurs secondes)


    Le traitement

    Il vous suffit simplement d'obtenir un logiciel HDR (exemple : HDR effect pro 2 de Google Nik Collection...) et de l’exécuter en y téléchargeant vos deux images.
    Il vous faudra jouer avec les courbes de lumière pour bien équilibrer le résultat final afin que la partie éclairée ne soit pas surexposée ou que la partie dans l'ombre ne soit pas sous-exposée...

    Et voilà, le tour est joué !

    Astuce : ma photo n'est pas un bon modèle puisque la jonction entre les deux parties de la Lune est perfectible.
    Pour un meilleur résultat il serait idéal de capturer plusieurs images avec des compensations d'expositions différentes (+ 2EV par exemple) comme de vrais HDR.

    A vos appareils photos et bon ciel !

    16/02/2017

    La Voie Lactée en Hiver


    Le ciel étoilé change au fil des saisons. L'été est la période la plus favorable pour photographier et observer la voie lactée puisque c'est à cette période l'année que le bras de la voie lactée le plus lumineux et riche en étoile est visible (allant de la constellation du Sagittaire à la constellation de Persée).

    En hiver, nous avons une partie de la voie lactée assez peu lumineuse et pauvre en nébuleuses sombres, ce qui rend son observation visuelle particulièrement difficile (constellation d'Orion , le Cocher..etc). Paradoxalement, c'est en hiver que les conditions atmosphériques sont les plus stables, permettant d'atteindre des records en terme de qualité du ciel (faible perturbation due aux courants thermiques).

    Cependant, une constellation, certainement la plus connue, domine de loin le ciel hivernal : Orion. Elle regorge de nébuleuses et de nuages moléculaires. La plupart de ces objets du ciel profond nécessite du matériel semi-professionnel pour en révéler les couleurs, mais une nébuleuse reste néanmoins très accessible en photographie et en observation visuelle : la nébuleuse d'Orion ou M42.

    Ce panorama très verdoyant met en valeur un arbre, au centre, qui nous indique la direction que nous devons suivre pour atteindre cette fameuse constellation d'Orion.

    Voici également (ci-dessous) un autre panorama, cette fois réalisé en mode vertical (format paysage)

    Détails Techniques :
    Canon 600D + objectif 18-35 mm + trépied standard
    15 secondes
    F/1.8
    ISO 400 
    18 mm


    14/01/2017

    La Grande Nébuleuse d'Orion (M42)


    Cet hiver (décembre 2016), je suis retourné voir une cible très populaire du ciel profond : la grande nébuleuse d'Orion, qui est l'une des nébuleuses les plus brillantes du ciel.

    3 ans après ma première image sur cet objet (qui était également ma première vraie astrophotographie en utilisant un télescope) , j'ai décidé de recommencer en augmentant significativement le temps de pose !
    Cette fois-ci, le temps d'exposition atteint 1 heure ! (contre 5 minutes pour la version de 2013).

    Pour obtenir ce résultat, il a donc fallu empiler 124 images de 30 secondes chacune avec un logiciel. Ce processus de traitement permet de réduire le bruit tout en augmentant le temps d'exposition.
    Cela explique pourquoi l'image est plus douce et révèle plus de détails sur les extensions de gaz interstellaires de la nébuleuse.

    Détails Techniques

    Canon 600D (non défiltré) + télescope de newton 200/800 + monture LXD75
    Empilement de 124 images de 30 secondes chacune
    ISO 800
    800 mm
    F/4

    Empilement avec le logiciel Deep Sky Stacker et traitement avec Lightroom

    Notre Galaxie : la Voie Lactée


    Le ciel d'été est le meilleur moment de l'année pour observer et photographier la voie lactée.

    Voici une photo prise en août 2016, pendant la Nuit des Etoiles. En réalité, 6 images de 3 minutes chacune ont été empilées avec un logiciel (Deep Sky Stacker) pour réduire le bruit numérique et augmenter le temps d'exposition.

    Comme d'habitude, j'ai essayé de conserver les couleurs naturelles perçues par l'appareil photo. Ainsi, on pourra remarquer les nébuleuses "rouges" que sont l’Amérique du Nord (NGC 7000) et le papillon, au centre de l'image.
    Véga, la géante bleue de la constellation de la Lyre est située au milieu haut de l'image.

    Saurez-vous compter le nombre d'étoiles sur cette image ? :-)

    24/12/2016

    L'amas des Pléiades au télescope (M45)


    En ce moment, tout le monde est en fête ! Le ciel aussi, avec cet amas incontournable de l'hiver situé dans la constellation du Taureau.

    ⇒ Visible à l’œil nul'amas des Pléiades est l'amas ouvert le plus brillant du ciel. Parce qu'il s'étend sur trois fois le diamètre de la Lune, M45 se révèle spectaculaire avec une simple paire de jumelles !

    ⇒ Cette photo a été prise ce mois-ci, avec un Canon 600D au foyer d'un télescope de Newton 200/800 fixé sur une monture de suivi motorisée. Le temps d'exposition est de 49 minutes, représentant un empilement de 49 images de 60 secondes chacune.

    ★ Bonnes fêtes de Noël :) ★

    Détails Techniques :
    Canon EOS 600D + télescope 200/800 mm + monture LXD75
    800 mm
    49 x 60 secondes d'exposition
    ISO 1600
    F/4
    Empilement Deep Sky Stacker et traitement Lightroom + Gimp